Méthodologie

L’analyse musicale, même dans un cadre aussi établi que l’harmonie tonale, adopte différentes approches. Vous trouverez ici une présentation rapide de la méthodologie et des conventions utilisées sur ce blogue.

Mon approche de l’analyse harmonique tonale s’inspire principalement des idées de Richard F. Goldman, de Leonard B. Meyer et bien sûr du travail extraordinaire de Fred Lerdahl et de Ray Jackendoff, en plus de l’œuvre séminale (mais déjà ancienne) de Schoenberg, Riemann et Schenker. Mais plus près de moi ici à Montréal, je suis grandement redevable à l’enseignement passionné de Luce Beaudet à l’Université de Montréal, qui a développé une théorie harmonique originale et hautement cohérente – et dont les idées n’obtiennent malheureusement pas la large diffusion qu’elles méritent. Pour une description détaillée de son modèle analytique, qui est principalement utilisé ici, s’il vous plaît visitez son site d’harmonie tonale L’Oeil qui entend, l’oreille qui voit, créé en collaboration avec l’illustratrice Zviane.

L’une des idées fondamentales est que je fais une analyse harmonique fonctionnelle: les chiffres romains sont là pour indiquer le rôle des accords dans la structure harmonique, qui est distincte de leur composition réelle. Un exemple commun est les accords de tonique au deuxième renversement qui ont le plus souvent une fonction de dominante. Deux conventions importantes en résultent:

  • Je n’utilise pas les lettres minuscules et majuscules pour distinguer les accords mineurs et majeurs, comme cela est fréquemment fait dans de nombreux manuels d’harmonie en anglais. Bien que cette approche ait un intérêt pédagogique pour aider les élèves débutants à prendre conscience de la qualité des accords par rapport aux degrés de la gamme, cette notation confond la composition et la fonction des accords. Dans une tonalité mineure, le fait qu’un IV soit mineur ou majeur ne change généralement rien à sa fonction IV.
  • Les accords construits sur la sensible et fonctionnant comme dominante sont analysés comme dominantes avec une fondamentale implicite, qu’elle soit primaire ou secondaire. Les progressions dont la composition des accords apparaît comme VII – I ou VII/V – V sont notées V – I et V/V – V lorsqu’elles jouent un rôle de dominante.

Le cycle des quintes est considéré comme la structure de base régissant les progressions tonales, avec l’ajout de formules idiomatiques imposées par l’usage commun. Les progressions qui divergent des structures tonales fondamentales sont le résultat de procédures de déviation ou d’emprunt et sont analysées comme telles: par exemple, VI – III – II – V – I est noté IV/III – III – II – V – I, illustrant la nature plagale du mouvement VI – III.

 

L’accord napolitain est noté N. Les accord empruntés suite à des échanges modaux sont identifiés comme tels avec le suffixe mm (mode mixte).

Les renversements sont notés à l’aide des abréviations anglaises: 6 et 6/4 pour les premiers et deuxièmes renversements d’accords à trois sons, 7, 6/5, 4/3 et 4/2 pour les accords de septième. Les 7èmes diminuées ayant fonction de dominante (V9s mineurs sans fondamentale) sont notés comme Vo, les accords de 7èmes mineure et quinte diminuée (V9s majeurs sans fondamentale) comme Vø.

Les cadences sont notées en tant que PAC (cadence authentique parfaite), HC (demi cadence), DC (cadence rompue/évitée), PC (cadence plagale) et IAC (Cadence authentique imparfaite). Les cadences sont également indiquées au point où elles se produisent structurellement.

Les tonalitée identifiées seulement avec leur lettre majuscule (en anglais) sont majeures, un suffixe m indique le mode mineur. Selon le modèle analytique, la tonalité d’un événement musical est déterminée par son point d’arrivée, donc les modulations sont effectuées le plus tôt possible. Les règles de préférence suggèrent également d’éviter les modulations au milieu des unités harmoniques structurelles autant que possible.

La méthodologie et les conventions pour l’analyse non tonale seront ajoutées ici lorsque nécessaire.

The Rest is Harmony est un blogue d’analyse musicale dirigé par Georges Dimitrov, compositeur et théoricien, actuellement membre du corps professoral du Département de musique de l’Université Concordia, à Montréal.

Pour plus d’informations sur l’approche théorique et les conventions utilisées sur le blog, consultez la page Méthodologie .

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