Sarabande for a Supernova

2013, for 2 saxophones, electric guitar, harp, synthezisers, double bass, percussion and live electronics.

Commissioned by the ensemble La Machine for the E-Space concert. Premiere: March 30th 2013, Conservatoire de Musique of Montreal.

Supernova, étoile qui se meurt, étoile qui explose. Un moment ou mort et lumière sont liées, à une échelle cosmique où le temps et l’espace évoluent au-delà de notre entendement. Sarabande comme un réquiem, comme une danse figée, se mouvant imperceptiblement.

Depuis Deconstructing László, commande du quatuor montréalais Quatrix créée en octobre 2011, le temps est au centre de mes préoccupations compositionnelles. Hommage au peintre et sculpteur hongrois Moholy-Nagy, cette pièce pour deux pianos et percussion transposait dans le domaine musical la déconstruction spatiale de ses tableaux. En passant du visuel à l’auditif, l’espace devenait temps. S’inscrivant dans un concert dont le thème est justement l’espace (au sens astrophysique du terme, cette fois), cette pièce joue sur des phénomènes de dilatation temporelle. L’explosion de la supernova est d’une très grande violence, mais à des millions d’années-lumière, l’étoile nous apparaît immobile, et de toute manière nous assitons à un évenement qui a déjà eu lieu dans un autre age, un autre temps.

Cette opposition entre violence et immobilisme a guidé la composition de cette nouvelle pièce, où un temps compressé, simultanéité de tous les gestes et mélodies, se dilate, tel un univers en expansion, vers un temps quasi-statique, élégiaque, empreint de mélancholie. Dans un langage musical ainsi étiré, la composition sonore prend une importance toute particulière, et la formation instrumentale de La Machine, dans sa version électrifiée, m’offre une palette sonore d’une construction délicate où s’aillient distortion et sons crystallins, dans cet alliage d’ombre et de lumière. C’est de plus l’occasion de lier deux univers musicaux qui me sont chers, celui de la musique contemporaine de concert et celui de la musique électronique underground. Entre thèmes empruntés à Bach, Pärt ou Shostakovitch et synthétiseurs et boites de rythmes analogiques inspirés de la cold wave, Sarabande pour une Supernova se veut une œuvre à la fois pointue et accessible, hybride, profondément actuelle.

Audio: enregistrement de la première par La Machine, mixage additionnel par G. Dimitrov.

Cristian Gort, Direction
Marc-Olivier Lamontagne, Guitare Électrique
Ana Dall’Ara Majek, Harpe
Ida Toninato, Saxophone
Alfredo Mendoza, Saxophone
Pierre-Alexandre Maranda, Contrebasse
Olivier Maranda, Percussions
Daniel Añez, Sythétiseurs
Georges Dimitrov, Drum machine, Synthétiseurs et traitement en temps réel

Revue de presse

Entrevue

Article publié par La Machine suite à l’entrevue pré-concert réalisée par Ida Toninato.

Sarabande pour une Supernova … ça y est, le titre de la nouvelle œuvre de Georges Dimitrov pour La Machine vous est enfin révélé ! Voici quelques mots à son sujet, au cas où vous n’auriez toujours pas votre billet pour le concert E-Space présenté au Conservatoire de musique samedi soir prochain … dépéchez-vous, on y parle d’étoiles, de scintillements, et de célèbres drum machines !

Artiste, compositeur, DJ, bloggeur, Georges Dimitrov semble être l’un de ces touche-à-tout qui réussissent dans tout. Plutôt relax, avenant, sa musique inspirée d’esthétiques minimales oscille entre néotonalité et solide assise rythmique. Son objet majeur de fascination, la question du temps, l’amène à altérer la perception d’un temps comme une finalité. Un temps en tant que métaphore de la finalité ultime qui se laisse arrêter, interroger, tordre et dilater dans une musique où le terrible et le triste combattent la lumière et jouent à l’enfermer sans préavis. Celui qui se dit décrit comme une personne très heureuse dans la vie s’amuse à constater l’aspect dramatique et sombre de son registre de prédilection, tout en faisant un usage abondant de la citation. Omniprésente dans sa musique, la citation est un moyen pour Georges Dimitrov de rendre hommage et de délibérément montrer ses influences. Cette disposition esthétique lui permet de d’insuffler de multiples niveaux de lectures à ses œuvres tout en affichant sa généalogie en tant que compositeur et penseur. Pärt, Ligeti, Bach, Shostakovic … et au beau milieu de tout cela, le célèbre Korg KR55 !! Et oui, très inspiré par la musique électronique du début des années 80 (qui n’a rien à voir avec celle de la fin des années 80, on s’entend !), notre compositeur sera avec nous, sur scène, pour jouer de l’une de ses boîtes à rythmes fétiches. Rendu célèbre entre autres par Jean-Michel Jarre et Depeche mode, le KR55 est l’une de ces petites merveilles difficiles à trouver et occupe une place de choix dans la Sarabande pour une Supernova, emmenant l’ensemble La Machine dans les terrains underground de la cold wave, du minimalisme et des productions DIY. La Sarabande pour une Supernova est une pièce d’une dizaine de minutes, dans lequel le temps est tour à tour implacable, suprenant ou scintillant et où l’auditeur se suprend à contempler la mort d’une supernova, gigantesque, catastrophique et pourtant silencieux phénomène qui, aussi violent qu’il soit, apparaît à l’échelle humaine comme suspendu … rendez-vous samedi le 16 mars 2013 au Conservatoire de musique de Montréal, à 20h30, pour la création de notre Sarabande pour une Supernova, de et avec Georges Dimitrov, pour La Machine.

Ida Toninato, 12 mars 2013

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