Musique Contemporaine
Cantus pour Gilles Tremblay
Cantus pour Gilles Tremblay, Cantus comme cantique, Cantus firmus. L’œuvre de Tremblay évoque pour moi un éclatement, un décalage formel, des scintillements d’harmonies teintées par l’ombre omniprésente de la foi. C’est cette même foi – dans l’essence de sa spiritualité plutôt que dans le concret de son christianisme – qui m’a toujours attiré et fasciné, autant dans les œuvres de Penderecki et Pärt, mes maîtres à penser, qu’au sein de ma propre création.
La religion est autant matière de recueillement que de violence, et je ne peux concevoir de musique sans violence. Une violence dans un silence, une violence dans un pianissimo. Un contraste qui traverse les trois mouvements de l’œuvre par le biais d’une écriture mêlant éléments anciens et modernes. De la monodie néo-grégorienne du premier mouvement et ses traitements en canon à la fugue qui charpente la course effrénée du troisième s’établit un jeu de références intercalées de gestes d’éclatement au piano, se fondant dans la trame des cordes. Au centre de Cantus, un mouvement lent tout en accords soutenus et silences, paradoxalement le plus intense des trois : sans début ni fin, figé dans une intemporalité élégiaque.
L’oeuvre, commandée par l’Atelier de Musique Contemporaine de l’Université de Montréal sous la direction de Lorraine Vaillancourt, a été créée le 6 avril 2010.
24 Préludes d’après Chopin
Les 24 Préludes d’après Chopin sont une série de compositions originales basées sur des textures et des gestes pianistiques tirées du cycle original de Chopin. L’exercice en est un de réappropriation, où l’objectif est une symbiose, un glissement subtil par rapport à l’oeuvre première. Parfois sombre, parfois humoristique, le décalage, tel un remix, jette un éclairage nouveau sur la musique, à cheval entre le XIXe et le XXIe siècle.
Warszawa 1944
Warszawa 1994 est la première pièce d’un cycle orchestral intitulé Tableaux d’une révolution. En cinq mouvements, l’oeuvre se veut un témoignage en musique des évènements/villes qui ont marqué l’évolution de la lutte contre la dictature communiste en Europe de l’est.
Ce premier volet s’inspire de l’insurrection menée contre l’occupation allemande par la résistance polonaise (Armia Krajowa). L’armée soviétique attendit que les résistants soient écrasés pour « liberer » la ville. Ayant le champ libre pour imposer sa propre dominantion, elle opérera une réecriture historique niant le rôle de l’AK au profit d’une résistance communiste, en réalité pratiquement inexistante.
Budapest 1956
Budapest 1994 est la deuxième pièce d’un cycle orchestral intitulé Tableaux d’une révolution. En cinq mouvements, l’oeuvre se veut un témoignage en musique des évènements/villes qui ont marqué l’évolution de la lutte contre la dictature communiste en Europe de l’est.
L’insurrection d’octobre 1956 fut le premier grand soulèvement national contre l’oppression soviétique. En plein période stalinienne, dix jours d’euphorie furent brutalement réprimés par les chars d’assaut rouges, mais ouvrirent la voie aux révolutions subséquentes, notamment celle de Prague en 1968.